Avez-vous déjà entendu parler de la reverse diet, également surnommée régime inversé ? Elle s’appuie sur une augmentation progressive des apports alimentaires pour aider l’organisme à retrouver un fonctionnement plus efficace, à relancer la dépense énergétique et donc, à favoriser une perte de poids plus durable. Mais peut-on donc vraiment maigrir en mangeant plus ? Décryptage.
La reverse diet intervient après une période de restriction alimentaire prolongée. Cette méthode, très utilisée dans l’univers du fitness et du bodybuilding après une phase de sèche, consiste à augmenter progressivement les apports caloriques. Avantage, elle permet d’éviter une reprise de poids brutale tout en restaurant l’équilibre du corps.
Désormais démocratisée, elle s’adresse également à celles et ceux qui enchaînent les régimes sans parvenir à resculpter leur silhouette.
Et pour cause, des privations trop strictes poussent l’organisme à économiser l’énergie. Le métabolisme de base ne s’effondre pas du jour au lendemain, mais plusieurs dépenses diminuent : on bouge moins spontanément (NEAT), la récupération devient moins efficace, l’entraînement perd en intensité et la masse musculaire peut diminuer.
La reverse diet vise alors à sortir de ce mode “économie”.
Un corps sous-alimenté fonctionne souvent au ralenti. En augmentant progressivement les calories, il fait le plein de carburant nécessaire pour mieux bouger, mieux récupérer et mieux préserver sa masse musculaire.
Or, cette masse musculaire joue un rôle clé. Plus elle est entretenue, plus le corps dépense d’énergie au quotidien. La reverse diet prend donc tout son sens lorsqu’elle s’accompagne d’un entraînement structuré, notamment en renforcement musculaire.
Autrement dit, le processus de reverse diet vise à permettre au corps de sortir d’un blocage métabolique.
Attention toutefois, la reverse diet n’est pas une solution miracle. Elle ne fait pas maigrir par magie, mais aide surtout à restaurer un équilibre plus favorable à une perte de poids durable.
La réussite repose sur trois étapes simples, mais essentielles.
Il arrive que certaines personnes s’imaginent se nourrir dans de justes proportions alors qu’elles vivent en restriction chronique depuis longtemps. Évaluer ses apports réels, son activité physique et son rythme de vie permet alors d’éviter les ajustements au hasard.
Le principe d’une reverse diet ne consiste jamais à ajouter brutalement 500 calories.
En général, on augmente de 50 à 100 kcal par semaine selon le profil. Par exemple : un peu plus de féculents au déjeuner, un vrai petit-déjeuner ou une meilleure répartition des protéines sur la journée. Objectif : laisser au corps le temps de s’adapter sans stockage brutal.
En période de reverse diet, tous les indicateurs possèdent une importance cruciale : poids, niveau d’énergie, appétit, sommeil, récupération, performances sportives…
Les voyants sont au vert si le tonus revient et que le poids reste stable. En revanche, si une prise de poids intervient rapidement, c’est le signe qu’il convient de ralentir.
Comme en période de perte de poids ou de prise de muscle, une alimentation de qualité s’impose.
Une reverse diet peut durer plusieurs semaines comme plusieurs mois selon l’historique de restriction, le niveau sportif et les objectifs recherchés.
Cette approche s’avère particulièrement utile pour les personnes qui stagnent malgré un régime strict, enchaînent les restrictions ou pratiquent beaucoup de sport avec trop peu d’apports.
En revanche, elle n’est pas adaptée en cas de surconsommation déjà présente, de troubles du comportement alimentaire non stabilisés ou d’absence totale de cadre alimentaire.
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Auteur : Séverine Skom